Régime brûleur de Grèce

Publié le 10 Février 2010

Je m’intéresse à beaucoup de sujets, mais il est vrai que je n’en connais que peu dont je peux disserter doctement…et l’économie n’en fait pas partie. Pourtant, ses impacts sur la vie de la cité me passionnent, mais n’étant pas économiste de formation, je ne suis pas en mesure d’en tirer suffisamment de substance pour faire une analyse « scientifique », argumentée, qui tienne la route dans tous ses détails. Il n’empêche que la sphère économique résonne et que ses ondes ont des impacts bien réels, même

si les rouages complexes de sa mécanique intrinsèque restent un mystère pour moi…

Ainsi de la situation en Grèce actuellement. Certes, la Grèce a « menti » sur ses niveaux de déficit, sur l’état réel de son budget… Il n’empêche qu’elle subit actuellement l’assaut de spéculateurs de tous bords, requins assoiffés qui ont senti l’odeur du sang et de l’argent facile. Et la meute se rue déjà vers le Portugal, l’Espagne et l’Irlande… Les anglo-saxons ont trouvé un joli terme pour ce quatuor : après le BRIC, voici le PIGS (voire PIIGS si on y adjoint l’Italie). Saignons le cochon ! D’ailleurs, tout est bon dans le cochon, pour nos vampires financiers ! Dépeçons ce pays !

La Grèce donc, lâchée par l’Union Européenne, qui se contente d’accepter le plan de rigueur drastique qu’elle propose, sans y croire vraiment d’ailleurs… Et pour cause, notre fameux Traité de Lisbonne sensé faire avancer les choses ne prévoit rien, que dalle, bézef pour une telle situation : il n’y a pas de solution prévue ! La Grèce, mise sous tutelle, tel un adulte irresponsable… sauf qu’il s’agit d’un pays, et non d’une personne !

Et un crash plan qui méritera à coup sûr de figurer dans la prochaine mise à jour de la Doctrine du Choc de Naomi Klein : un ajustement structurel dont les règles ont été tellement intériorisées que le FMI n’a même pas besoin de les réclamer ! Gel de l’enveloppe salariale de la fonction publique, gel des recrutements de fonctionnaires, remplacement d’1 départ en retraite sur 5, allongement de l’âge de la retraite (ça, je ne suis plus certaine que cela figure dans le draft, mais si ce n’est pas encore le cas, ça le sera incessamment !)… et probablement privatisation de toutes les structures étatiques rentables pour renflouer les caisses (ça aussi, ça va venir, c’est garanti !)

Flash back il y a quelques mois, décembre 2008… vous vous souvenez ? La Grèce à feu et à sang ? les étudiants, cette génération à 1000€, qui ne voyait qu’un avenir borné, sans espoir, sans idéal ? Les ouvriers qui étaient avec eux ? un gouvernement qui a tremblé ? Les acteurs de ces évènements ne sont pas beaucoup plus vieux, et leur désir de changement, d’un avenir digne de ce nom, n’a certainement pas disparu, au contraire ! Observons de près ce qui va se passer dans les prochaines semaines… peut-être que le berceau de notre civilisation sera celui de notre renaissance ?

Quand la Grèce brûle, gare au retour de flamme

Texte publié le 9 Mai 2010 chez mes amis de Ruminance

Je prends le prétexte d’un billet chez l’excellent Vogelsong pour revenir sur la Grèce, sujet qui avait été abordé ici même il y a 3 mois

Oui, parce que la Grèce, c’est un sujet. Ce n’est plus un pays. Ce n’est plus un peuple. C’est un sujet d’expérience. Un nouveau cobaye. Un laboratoire grandeur nature qui permet de tester le point de rupture (ou son absence) de ce que les peuples sont prêts à encaisser.

Tout ce que j’imaginais lorsque j’ai commencé à suivre ce compte d’effets en décembre s’est réalisé. Pire, la réalité a largement dépassé la fiction. Aucun réalisateur hollywoodien n’aurait osé un scénario aussi extrême, aussi peu plausible ! Quoi ? Des spéculateurs sans visage, lémarché omniscients s’attaqueraient non pas au cours d’une matière première, non pas à une entreprise OP(h)Aï(s)sable, mais à un pays tout entier ? Inimaginable ! Un pays ne peut pas faire faillite !

Et pourtant, « ils » ont osé (c’est même à ça qu’on les reconnait).

Une première « cure » d’austérité a été prescrite en février afin de tenter de rassurer lémarché. Entre atermoiements des présidents et des ministres des finances, déclarations floues concernant un hypothétique plan d’aide, hésitations de Mme Merkel, lémarché n’ont été apaisés en rien, voyant au contraire une occasion en or de se livrer à leur petit jeu de vautour favori : spé-cu-ler en profitant de la confusion pour se faire quelques millions vite fait. Je rappelle pour la petite histoire que le plan d’aide s’élevait alors à 25 Mlds d’Euro.

Les grecs se voient alors prescrits une seconde cure d’austérité qui vient se rajouter à la première. Devant la valse, ou plutôt le tango (1 pas en avant, 2 sur le côté, 3 en arrière…) auquel se livrent les deux principaux pays de la zone Euro et la cacophonie du chœur des vierges , l’hypothèse d’une entrée en scène du FMI se profile… le FMI, vous savez ? Le machin qui a servi à imposer des plans d’ajustement structurels drastiques et ruiné des pays entiers.

Mais si ! Le bidule piloté en sous marin par les Etats-Unis et dont l’excellent président est DSK ! Notre bon DSK à nous, futur éventuel candidat à la succession du représentant de commerce officiel de Dassault, Lagardère, Bouygues (ah non, pas Bouygues en ce moment) et consorts du Fouquet’s. Un bon français qui parle bien anglais, qui a une team d’enfer et qui est socialiste en plus (au moins autant que Pascal Lamy) ! Que du bonheur je vous dis !

Bref, là encore, l’Europe fait preuve de sa grande cohésion, de sa solidarité sans faille, de son unité et accepte la main généreusement tendue par le FMI à la Grèce.

Entre temps, lémarché se sont excités (c’est qu’elles sont sensibles ces petite bêtes-la !) et la facture s’élève désormais plutôt à une centaine de milliards d’Euro…Mais le Docteur Strauss Kahn et ses remèdes de cheval sont là. D’ailleurs, en l’occurrence, il a délégué l’opération à l’UE : hop ! Troisième mesure d’austérité ! On saigne le malade avec des bonnes sangsues, histoire de le purger de sa mauvaise graisse. Là, les Grecs se rebiffent : mais qu’est-ce que c’est que ce malade qui ne se laisse pas tranquillement charcuter sans anesthésie, hein ? Et en plus, il est contagieux ?!!!

Diantre. C’est que le malade était sous perf depuis de longues années. Et les banques du sang ont joyeusement participé à la curée. Banques qui sont chez nous. Oui, chez nous, en France. Non seulement elles ont des avoirs grecs, désormais pourris, éparpillés façon puzzle dans les placements « sûrs » de nos petits actionnaires franchouillards (ça vous rappelle quelque chose ? genre les subprimes et les CDO ?), mais en plus elles ont les mains dans le caca jusqu’aux épaules. Alors elles s’inquiètent les banques. Et comme ce sont elles qui commandent, elles demandent – exigent – des mesures. Chez nous. Parce qu’il ne ferait pas beau que nous ne nous serrions pas aussi la ceinture ! Elles vont perdre de la thune en Grèce, et il est absolument hors de question qu’elles en perdent à domicile, si « les agences de notation » en venaient à dégrader le sacro-saint AAA de la France. Donc, régime, et plus vite que ça !

Sauf qu’à vouloir jouer avec le feu, nos pompiers pyromanes de la finance mondialisée-z’et-heureuse vont réduire en cendre non seulement la Grèce (au propre comme au figuré) mais l’ensemble de l’Europe…

Décidément, nous vivons des temps intéressants….

Mauvaise Grèce

Texte publié chez Ruminance le 27 juin 2011

Ca faisait longtemps que je ne m’étais livrée à un petit exercice de pédagogie économique appliquée…Et pourtant, même si ces sujets sont décryptés à l’envi dans les média, de manière plus ou moins juste, plus ou moins approfondie, plus ou moins orientée, ça reste un sujet complexe. Ou pour le moins, qu’on veut nous rendre compliqué, hors de notre portée, réservé à une élite d’initiés, d’économistes professionnels, de spécialistes auto-proclamés et confortés dans leur posture de donneurs de leçons par le PAF, et autre PQR, PQN, bloggeurs ou éditorialistes « sérieux » (eux !).

Donc la Grèce va faire faillite et c’est la panique totale chez lémarché. Pourtant, sans être dotée d’une vision extra-lucide ni être une grande spécialiste desdits marchés, il n’était pourtant pas très compliqué d’envisager comment tout cela allait finir.

Nous avons donc un pays qu’on nous présente comme un grand malade et qu’il faut soigner. On oublie soigneusement de préciser que le malade (si tant est qu’on puisse ainsi qualifier la situation, mais ça fait partie des éléments de langage !) l’est depuis belle lurette et que son entrée dans la belle et magnifique Union Européenne – que c’est mieux que tout et qui va faire notre bonheur et que si vous n’êtes pas d’accord, vous n’êtes que de misérables passéistes tout juste bons à moisir dans une prison nord-coréenne –ne va faire qu’aggraver la maladie.

On a donc fait rentrer au forceps la Grèce dans la CEE (dont il faut quand même préciser qu’elle sortait d’une dictature : le souci d’intégration était louable et même indispensable…mais pas n’importe comment), sauf que la CEE s’est transformée en UE et que c’est là que ça a commencé à merdouiller.

Je m’explique : l’Europe que nous connaissons, loin d’être une Europe politique (ou plutôt si, mais d’une politique résolument anti-démocratique, et toute acquise aux marchés financiers) est une Europe monétaire. Je ne vais pas vous faire un cours sur les zones monétaires optimales (j’en serais bien incapables), mais sachez qu’en gros, on a pris des économies nationales très disparates et nos européistes bétas, pardon, béats, se sont dit qu’en instaurant une monnaie unique et en imposant par divers Traités des normes économico-financières (Ratio dette/PIB, taux d’endettement, et plein de machins comme ça), hop ! Comme par magie, toutes les économies allaient converger pour se retrouver homogènes…

Pour en revenir à la Grèce, il a fallu un peu magouiller les comptes pour lui permettre de se joindre au chœur des nations ravies de plonger dans l’€uro. Goldman Sachs s’est bien gentiment proposé pour mettre en musique les diverses petites (ou grandes) fraudes qui allaient permettre de respecter les normes d’entrée. Et les dirigeants de l’UE ont fermé les yeux, empêchant même les statisticiens d’Eurostat d’aller jeter un coup d’œil un peu plus insistant sur les comptes de la nation.

Youpi ! Tout va bien ! Jusqu’au séisme des subprimes et à la panique financière mondiale qui saisit le monde en 2008. Et quand le nouveau gouvernement grec révèle les « vrais » chiffres des comptes publics, c’est la panique…Plus personne ne veut prêter à la Grèce. Et la Grèce a besoin d’argent. Pour payer ses fonctionnaires. Son armée. Ses investissements militaires. Ses frais de fonctionnement, toussa…Et comme létraité interdisent à la Banque Centrale Européenne de prêter de l’argent aux Etats – ceux-ci ont obligation d’emprunter sur lémarché financiers – évidemment, c’est la panique à bord…

Et les taux grimpent….et lémarché, dont quelques banques européennes, et pas des moindres, s’affolent : la Grèce va-t-elle pouvoir rembourser ? Car il n’est rien de pire pour un banquier que d’imaginer un défaut de paiement. Ça, c’est le gros mot absolu, le blasphème ultime !

Donc on appelle le FMI à la rescousse. Et on préconise des remèdes qui aggravent le mal, c’est-à-dire des coupes franches dans tout ce que l’Etat peut avoir de social, et la grande braderie de ses actifs. Un peu à l’instar de la mafia d’ailleurs : tu paies tes dettes ou sinon on te crève. Est-ce que ça paiera la dette ? Non, mais au moins ça fera un exemple. Pour ceusses qui auraient l’idée de faire pareil.

Un an après, et un Fonds de Solidarité Européen plus tard, retour à la case départ, ou pis ! La Grèce a toujours besoin de cash. Sa note a été dégradée et le pays se retrouve le plus mauvais élève de la planète aux yeux de la sphère financière. Le gouvernement soi-disant socialiste qui a mis à l’encan le patrimoine grec et vendu la démocratie aux créanciers, est complètement décrédibilisé.

Le peuple, qui en a sa claque de prendre des baffes plus souvent qu’à son tour, commence à regimber. Et ça, c’est absolument inadmissible pour nos banksters de choc. Non seulement le pays doit expier sa faute, mais en plus il doit faire contre mauvaise fortune bon cœur. Après tout, il l’a bien cherché.

Et c’est reparti pour un nouveau « plan d’austérité » encore plus drastique (il restait quelques sous dans les poches des gens et quelques entreprises et/ou patrimoine qui n’avaient pas été privatisés). On vend donc à tour de bras, tout ce qui est vendable, histoire de dégager un peu de cash, et de se conformer à ce qu’exigent lémarché : l’humiliation consentie par le peuple, la punition de toute la société pour ses prétendues fautes. Et c’est là que l’amplificateur médiatique se met à tourner à plein afin que tous les peuples d’Europe sachent que les Grecs sont des paresseux, des fraudeurs, des jean-foutres, des parasites, bref, un sous-peuple qui mérite bien ce qu’il lui arrive.

La chancelière Merkel ose alors suggérer l’inenvisageable : mettre à contribution les banques en leur demandant de reconduire les emprunts arrivant à échéance…

Mais vous n’y pensez pas !!!! Il est absolument hors de question que les banques « donnent » quoi que ce soit ! Ce sont des banques, pas des œuvres de charité m’enfin ! Et le fait qu’elles aient été sauvées par les gouvernements et que ce soit ce sauvetage qui soit la cause de la crise de la dette souveraine que connaissent les pays européens ne change absolument rien à l’affaire. Pas question de mettre la main à la poche. D’autant plus que si on y réfléchit, toutes ces liquidités qui ont été investies en Grèce, ce sont un peu nos économies…Mais oui, l’assurance vie, placement favori des français. Et aussi votre intéressement et votre participation si vous avez la chance d’être salarié et de bénéficier de ce type de gratification. Voire même les sous que vous avez mis sur votre livret A. Votre banquier peut-il vous jurer, croix de bois, croix de fer, qu’il n’y a aucun morceau de dette grecque dans les supports sur lesquels il a investi vos petites économies ?

Il est hors de question que votre banquier vous fasse courir le moindre risque. Après tout, c’est votre argent. Et il est hors de question qu’il prenne, lui, le moindre risque. Nœud gordien.

Alors, pas folles, les banques vont « aider » les finances grecques. Elles vont faire un geste. Certainement reconduire lesdits emprunts arrivant à échéance. Mais au prix fort, cela va sans dire ! Le tout petit semblant de régulation minuscule qu’on appelle Bâle III va passer à la trappe. Ça je vous le garantis ! Alors même que tout ce cirque n’est que reculer pour mieux sauter puisque tôt ou tard, les limites seront atteintes. Reste à savoir si ce sont celles du peuple qui seront franchies en premier, ou celles que fixent lémarché. Au choix, le soulèvement général ou la dictature….affaire à suivre, d’autant que l’Espagne, l’Irlande, le Portugal et l’Italie sont aux 1ères loges pour voir ce qui va leur arriver sous peu.

Mais avant cela, nous allons encore vivre des temps intéressants : l’estimé Jean-Claude Trichet (oui, le gus qui est à la tête de la BCE et qui n’a accepté que contraint et forcé de prêter des sous aux grecs) prend sa retraite. Voilà une excellente nouvelle allez-vous me dire, mais, las, je dois doucher votre enthousiasme. Car celui qui le remplace, je vous le donne en mille, n’est autre que Mario Draghi. Ce nom ne vous dit rien ? Pourtant, nous avons parlé de l’auguste institution où il a exercé ses talents dans ce billet. Oui, voilà, c’est ça : Goldman Sachs ! Draghi était son vice-président international pour l’Europe au début des années 2000.

Mais non, mauvaises langues ! Je vous vois venir ! Il n’a rien, absolument rien, à voir avec le maquillage des comptes grecs. D’ailleurs, il est arrivé après. Et tout le monde sait que Goldman Sachs est la main de Dieu et qu’on ne saurait douter de l’intégrité de l’ensemble de son personnel.

Pour finir, je vous demande humblement de lire ce texte, ou sa traduction. Mieux que tout ce que je pourrai jamais écrire, il exprime toute l’absurdité de cette situation.

L’Hydre Goldman Sachs

 Texte originellement publié chez Ruminances le 30 janvier 2012
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Me piquant d’une certaine curiosité intellectuelle, plus facilement attirée par l’économie et ses ressorts que par la culture ou la politique (quoi que), je m’étais fendue d’un billet il y a quelques temps années. Force est de constater, mea maxima culpa, que je me suis plantée dans les grandes largeurs…
Le présent billet est donc un addendum au premier, ajoutant, corrigeant, remettant au goût du jour des prémisses qui se sont révélées fausses.
J’avais tort. Dans ma candeur originelle, j’avais osé espérer que le virus Goldman Sachs, exposé à la lumière crue de son implication dans la faillite européenne (a.k.a crise de la dette, qui n’est pas une faillite pour tout le monde !), serait combattu, chassé, extirpé de l’Union comme un chancre malin. C’était compter sans sa résistance et sa pugnacité ! Loin de se laisser amputer tel un vulgaire membre nécrosé, la pieuvre a pris les commandes du vaisseau amiral (vegas !) et c’est elle désormais qui fixe la barre.
Sûre de son pouvoir, la finance « qui n’a pas de visage » a des noms qui sont légion ! Et contrairement à certain politicien sommé de les nommer pour mieux être tourné en ridicule par des journalistes représentants de la société du spectacle, je m’en vais effeuiller ses oripeaux ici même.
Commençons par M. Papademos, le Premier Ministre grec. Ce monsieur commence sa brillante carrière en tant que Gouverneur de la Banque de Grèce. Avec la complicité de Goldman Sachs, il organise savamment le trucage des comptes qui permet à la Grèce de rentrer sans coup férir au sein de l’Union Européenne. Sa mission accomplie, il rejoint le cénacle de la Banque Centrale Européenne comme Vice Président où il œuvre jusqu’en 2010.
Après l’échec du pseudo-referendum coup de bluff de M. Papandreou, alors 1er ministre grec et Président du groupe Socialiste au Parlement Européen (sic), et sa démission subséquente, M. Papademos se retrouve à la tête du pays grâce à une coalition incluant l’extrême droite grecque (LAOS). Il n’est pas élu mais nommé et c’est la première fois depuis la fin de la dictature des Colonels qu’un parti d’extrême droite accède au pouvoir. Il nomme à la tête de l’agence chargée de privatiser sauvagement les biens nationaux gérer la dette publique grecque un certain Petros Christodoulos… qui s’est brillamment illustré auprès de la branche anglaise de Goldman Sachs en tant que trader.
Ça campe son personnage, n’est-il point ?
Passons ensuite à Mario Draghi. M. Draghi est un ancien de Goldman Sachs. Il est vice-président de la branche Européenne de Goldman en 2002, juste au moment où la Grèce entre dans l’Union. Il est très fortement soupçonné d’avoir eu connaissance, si ce n’est d’avoir activement participé au maquillage des comptes grecs. Tiens, en passant, il a été élève du prestigieux Massachussets Institute of Technology. Comme M. Papademos. Je n’ai pas poussé les recherches jusqu’à vérifier s’ils s’étaient connus là-bas, mais même si ce n’est le cas, les alumni, c’est pas fait pour les chiens.
En 2006, l’inénarrable cavaliere amateur de bunga bunga, Silvio Berlusconi, nomme M. Draghi gouverneur de la Banque d’Italie et de fait, membre du directoire de la Banque Centrale Européenne.
L’araignée tisse sa toile, patiemment, et, 5 ans plus tard, le voilà seul successeur crédible de Jean-Claude Trichet, après que le chouchou d’Angela, l’allemand Weber, se soit finalement retiré de la course à la présidence de la Banque Centrale Européenne. Sa première mesure est de baisser d’un quart de point le taux directeur de la BCE, à l’exubérante satisfaction démarchés.
Las, le cavaliere n’a plus le vent en poupe, et lémarché décident de le remplacer. Sa crédibilité est si basse qu’il dessert les intérêts de l’oligarchie financière mondiale, et, pour le pousser à céder sa place, les zagences de notation vont dégrader la note de l’Italie, précipitant une crise politique qui couvait (aggravant aussi la crise de la zone €uro toute entière, mais c’est d’une pierre deux coups pour nos as (ace ? ass ?) des marchés !). Et ô miracle, Mario Monti « économiste reconnu et respecté » comme le souligne le Parisien, va être « nommé » à la tête du gouvernement italien. Et sénateur à vie tant qu’à faire ! La démocratie athénienne n’est plus qu’un lointain souvenir…ou plutôt un conte.
Cet habitué de la Commission Européenne où il a sévi au commissariat à la Concurrence de 1994 à 2004 (remember Bolkenstein ?) est consultant chez…Goldman Sachs depuis 2005. Il est aussi membre du comité de direction de Bilderberg, mais on va m’accuser de conspirationnisme si je continue sur cette voie.
Il y a d’autres noms à mettre sur cette finance sans visage, tel celui de Peter Sutherland, mais ce billet étant déjà assez long, je vous laisse le soin d’investiguer par vous-même.
Une chose cependant est claire : GS a placé ses hommes ouvertement à la tête de plusieurs états et dans les coulisses des autres. Les agences de notation précipitent l’abolition de la démocratie, et l’avènement de la financratie. Et s’ils opèrent maintenant à visage découvert, c’est bien parce qu’ils ont corrompu tous les systèmes politiques européens (à l’exception d’un petit ilot de résistance) et peuvent s’en donner à cœur joie. Ils ont ouvert la boite de Pandore et n’hésiterons pas à étouffer ce qui reste de pseudo-démocratie avec le bras armé qui en est sorti. Pour les contrer, ne comptons pas sur les partis traditionnels, il va falloir lutter de manière un peu plus musclée !

une démission ordinaire

Monsieur le directeur de la (res)source humaine,

C’est avec infiniment de regrets et de déception que je me vois contrainte de refuser votre offre de poste d’assistante vendeuse.

En effet, malgré les progrès de la science et les 4 pilules dont je m’accommode tous les jours,  suivant en cela les prescriptions de notre ministre, Mme Bachelotte , la nature (cette traitresse) a repris le dessus et m’a  fécondée à l’insu de mon plein gré, en dépit de tous les dégâts écologiques et physiques que cela engendre, et au mépris des dangers que cela fait encourir à notre planète.

Dans votre infinie générosité, vous avez jugé bon de m’offrir ce poste à 200 kms de chez moi payé 30% de moins alors que je n’en étais manifestement pas digne. Précurseur et visionnaire, notre vénérée entreprise a su s’affranchir de ces règles mesquines et archaïques héritées des combats de passéistes rétrogrades et irrécupérables (voire réactionnaires, si je puis me permettre cette grossièreté !) qui stipulaient qu’une maman devait retrouver son travail et sa rémunération à son retour de congé maternité…quelle règle stupide et complètement dépassée à l’heure de la mondialisation heureuse et de la concurrence libre et non faussée ! Un tel carcan devrait absolument être aboli afin que le salariat épanoui puisse faire preuve de sa flexibilité sans limite, et je compte bien sur notre bon président Sarko 1er pour mettre un terme à ces entraves insupportables au libre exercice du marché ! Je suis donc extrêmement sensible au fait que, dans votre grande mansuétude, vous daigniez m’offrir ce poste d’assistante (en lieu et place de mon précédent poste de responsable de magasin) malgré l’énormité de ma faute!

Malheureusement, mon mari vient d’être licencié car il a eu un mot malheureux envers l’un de ses supérieurs (il lui a rétorqué« casse toi pauvre con ») et il doit désormais passer quelques mois dans un centre de ré-adaptation sociale, [ce qui lui fera le plus grand bien ! quelle honte pour notre monade urbaine que ce manquement inexcusable à la plus élémentaire règle de déférence envers la race des saigneurs ! je m’excuse d’ailleurs d’évoquer cette déchéance morale dans ma lettre]. Son placement en centre ne me laisse cependant guère le choix et je ne pourrai plus compter sur lui pour participer à la gestion de nos 3 enfants dont le bébé que j’ai eu l’impardonnable impertinence/mauvaise fortune de mettre au monde il y a 2 semaines. A ce propos, l’exemple de Mme Dati a été un profond soutien, un encouragement et un exemple dans cette mauvaise passe où j’aurais pu ressentir une pulsion maternelle dépassée quant au sort de ce nourrisson.  Suite aux lois d’euthanasie votées par le parlement et le Sénat l’année dernière, nous avons procédé à la termination de nos parents respectifs, qui représentaient  une très lourde charge pour la société et mettaient en péril notre système de Sécurité Sociale déjà fortement endetté.

Du fait de l’absence de mon conjoint et de toute parentalité,  je ne pourrai donc à mon grand regret assumer matériellement le poste que vous me proposez si généreusement car  il prévoit une amplitude horaire de 9h, soit de 7h le matin jusqu’à 19h le soir, avec 2 coupures de 1h30 chacune en cours de journée. Je vous remercie du fond du cœur d’avoir eu la générosité et la décence de me proposer ledit poste et me sens bien ingrate de faire fi de votre générosité et de  votre mansuétude, mais, compte tenu des temps de trajet, sauf à abandonner ma progéniture de 5h30 le matin à 21h30 le soir (je sais que cette attitude témoigne d’un égoïsme déplacé à notre époque , et je suis une thérapie pour me débarrasser de ces réflexes ataviques surannés), je ne peux donner suite à votre proposition.

Je vous prie donc de bien vouloir accepter ma démission librement consentie, n’étant manifestement pas à la hauteur des espoirs que vous placiez en moi. J’effectuerai bien entendu ma période de préavis sans être payée, en expiation de mon pêché et de mon manque de loyauté à votre égard.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le directeur des (res)sources humaines, l’expression de mes humbles salutations.

un dimanche soir…

tout petit billet (cause il est tard !) pour…pour dire quoi d’ailleurs ? un bon week-end, friends and family, mais un arrière gout amer quand je repense à l’actualité de cette semaine…des F. Mitterrand, des J. Sarkozy, des N. Sarkozy (ah non, lui il est unique et c’est le nouvel empereur de la France !), bref, des Sarkozy partout qui me débecquettent et pourrissent la vie de millions de gens…Mais non, Sarko n’est qu’un épiphénomène, certes visible et remuant, voire emblématique, mais qui n’est que la face visible bling bling d’un cancer qui ronge notre société… individualisme, réussite personnelle, absence totale d’empathie, chacun pour soi et la merde pour les autres…marchés libres et concurrentiels, happy la vie ! vive la liberté ! sauf que ça marche pas comme ça dans la vraie vie ! le lien social est absolument essentiel ! ( sauf si on est le bouddha réincarné, et encore, bouddha se souciait des autres, même au sein de son silence introspectif [je précise que je n’y connais rien en bouddhisme, à part la lecture de Hesse]. Et la compassion est tout autant essentielle. Or j’ai l’impression d’évoluer dans une société qui en est de plus en plus dénuée ...dans ma boite, si nous étions à l’époque des nazis, les cadres seraient les premiers à signer les autorisations d’acheminement des « canards boiteux » vers Dachau et Matthausen…ils ne font qu’obéir aux ordres appliquer la politique RH du dégraissage…il vaut mieux que je m’arrête, ca va me plomber le moral que je porte d’habitude haut ! Et sans espoir et enthousiasme, point de salut ! Donc je reprendrai demain, sous de meilleurs auspices 😉

FB c’est bien – Twitter c’est mieux – FF c’est…

Finalement, ce deuxième billet ne sera pas consacré à mes pérégrinations à la recherche du Graal du blogging. Je m’étais réservé le droit de changer d’avis et je l’applique.

Donc aujourd’hui, j’étais à Strasbourg voir ma cop’s Linse (une excellente bloggeuse fashion deco) chez laquelle nous avons divinement déjeuné d’un poulpe à la marseillaise accompagné d’excellents vins (oui, un blanc Grand Cru, puis un rouge largement à la hauteur. Nous étions 4 adultes. Et alors ? Quel rapport ? Aucun : je vous conseille vivement le poulpe à la marseillaise c’est tout simplement exquis). Bref, là n’est pas le sujet. Linse, je ne l’avais plus vue depuis près de 20 ans ! (Enfin non, en réalité, on s’est vu cet été, mais je simplifie le bordel). Il y a 20 ans, on faisait le tour d’Europe ensemble avec Inter-rail (ça existe encore Inter-rail ???), puis les études et la vie aidant, on s’est complètement perdues de vue…

Mais voila. Maintenant, il y a Face Book. Qui m’a permis de reprendre langue (c’est une image, hein) avec des ami(e)s perdu(e)s de vue depuis des lustres. Dont Linse. Et j’en suis fort satisfaite. Donc FB, c’est cool pour ça. Entre autre. Mais comme j’ai retrouvé tous les copains/copines que j’avais envie de retrouver, je n’y vais quasiment plus. D’ailleurs, je n’y allais plus avant même de retrouver Linse : c’est elle qui m’a trouvée (ben voui, comme elle est mariée maintenant , aucune chance de la repérer sous le nom que je connaissais. Ce que j’avais tenté de faire. Bref)

Tout ca pour dire que FB a surement plein de features fantastiques, mais pour moi, son principal intérêt réside dans le fait qu’il permet de retrouver des gens.

Il y a une autre raison pour laquelle j’ai arrêté FB : j’ai découvert Twitter. Et le twitting est une activité hautement addictive et très chronophage. Pour moi en tout cas.  Parce que comme j’ai une vraie vie à côté (certes comme tout humain normalement constitué , mais la mienne est particulièrement remplie, je vous passe les détails, cela fera l’objet d’un autre billet, peut-être, un jour), brefle, comme ma vie est assez intense, mes rares moments de loisir (comprendre, jardin secret) sont consacrés à surfer, m’informer (c’est devenu synonyme) et twitter tous les trucs intéressants qui me passent sous les yeux. Et parfois, twitter des conneries aussi, je l’avoue. Donc je n’ai plus de temps à consacrer à FB. Et en plus, il m’a pris l’idée saugrenue au plus au point de commencer à blogger. Comme si je ne pouvais pas me contenter de lire les bloggeurs talentueux. Ce qui prend déjà beaucoup de temps car ils sont nombreux, les brillants bloggeurs ! D’ailleurs là, j’écris, donc je ne suis pas en train de twitter, ni de lire mon Feedly et je vais avoir un mal fou à rattraper ma timeline…

Du coup, je vais arrêter net ce billet et je parlerai de FF une autre fois.