Texte originellement publié chez Ruminances le 30 janvier 2012
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Me piquant d’une certaine curiosité intellectuelle, plus facilement attirée par l’économie et ses ressorts que par la culture ou la politique (quoi que), je m’étais fendue d’un billet il y a quelques temps années. Force est de constater, mea maxima culpa, que je me suis plantée dans les grandes largeurs…
Le présent billet est donc un addendum au premier, ajoutant, corrigeant, remettant au goût du jour des prémisses qui se sont révélées fausses.
J’avais tort. Dans ma candeur originelle, j’avais osé espérer que le virus Goldman Sachs, exposé à la lumière crue de son implication dans la faillite européenne (a.k.a crise de la dette, qui n’est pas une faillite pour tout le monde !), serait combattu, chassé, extirpé de l’Union comme un chancre malin. C’était compter sans sa résistance et sa pugnacité ! Loin de se laisser amputer tel un vulgaire membre nécrosé, la pieuvre a pris les commandes du vaisseau amiral (vegas !) et c’est elle désormais qui fixe la barre.
Sûre de son pouvoir, la finance « qui n’a pas de visage » a des noms qui sont légion ! Et contrairement à certain politicien sommé de les nommer pour mieux être tourné en ridicule par des journalistes représentants de la société du spectacle, je m’en vais effeuiller ses oripeaux ici même.
Commençons par M. Papademos, le Premier Ministre grec. Ce monsieur commence sa brillante carrière en tant que Gouverneur de la Banque de Grèce. Avec la complicité de Goldman Sachs, il organise savamment le trucage des comptes qui permet à la Grèce de rentrer sans coup férir au sein de l’Union Européenne. Sa mission accomplie, il rejoint le cénacle de la Banque Centrale Européenne comme Vice Président où il œuvre jusqu’en 2010.
Après l’échec du pseudo-referendum coup de bluff de M. Papandreou, alors 1er ministre grec et Président du groupe Socialiste au Parlement Européen (sic), et sa démission subséquente, M. Papademos se retrouve à la tête du pays grâce à une coalition incluant l’extrême droite grecque (LAOS). Il n’est pas élu mais nommé et c’est la première fois depuis la fin de la dictature des Colonels qu’un parti d’extrême droite accède au pouvoir. Il nomme à la tête de l’agence chargée de privatiser sauvagement les biens nationaux gérer la dette publique grecque un certain Petros Christodoulos… qui s’est brillamment illustré auprès de la branche anglaise de Goldman Sachs en tant que trader.
Ça campe son personnage, n’est-il point ?
Passons ensuite à Mario Draghi. M. Draghi est un ancien de Goldman Sachs. Il est vice-président de la branche Européenne de Goldman en 2002, juste au moment où la Grèce entre dans l’Union. Il est très fortement soupçonné d’avoir eu connaissance, si ce n’est d’avoir activement participé au maquillage des comptes grecs. Tiens, en passant, il a été élève du prestigieux Massachussets Institute of Technology. Comme M. Papademos. Je n’ai pas poussé les recherches jusqu’à vérifier s’ils s’étaient connus là-bas, mais même si ce n’est le cas, les alumni, c’est pas fait pour les chiens.
En 2006, l’inénarrable cavaliere amateur de bunga bunga, Silvio Berlusconi, nomme M. Draghi gouverneur de la Banque d’Italie et de fait, membre du directoire de la Banque Centrale Européenne.
L’araignée tisse sa toile, patiemment, et, 5 ans plus tard, le voilà seul successeur crédible de Jean-Claude Trichet, après que le chouchou d’Angela, l’allemand Weber, se soit finalement retiré de la course à la présidence de la Banque Centrale Européenne. Sa première mesure est de baisser d’un quart de point le taux directeur de la BCE, à l’exubérante satisfaction démarchés.
Las, le cavaliere n’a plus le vent en poupe, et lémarché décident de le remplacer. Sa crédibilité est si basse qu’il dessert les intérêts de l’oligarchie financière mondiale, et, pour le pousser à céder sa place, les zagences de notation vont dégrader la note de l’Italie, précipitant une crise politique qui couvait (aggravant aussi la crise de la zone €uro toute entière, mais c’est d’une pierre deux coups pour nos as (ace ? ass ?) des marchés !). Et ô miracle, Mario Monti « économiste reconnu et respecté » comme le souligne le Parisien, va être « nommé » à la tête du gouvernement italien. Et sénateur à vie tant qu’à faire ! La démocratie athénienne n’est plus qu’un lointain souvenir…ou plutôt un conte.
Cet habitué de la Commission Européenne où il a sévi au commissariat à la Concurrence de 1994 à 2004 (remember Bolkenstein ?) est consultant chez…Goldman Sachs depuis 2005. Il est aussi membre du comité de direction de Bilderberg, mais on va m’accuser de conspirationnisme si je continue sur cette voie.
Il y a d’autres noms à mettre sur cette finance sans visage, tel celui de Peter Sutherland, mais ce billet étant déjà assez long, je vous laisse le soin d’investiguer par vous-même.
Une chose cependant est claire : GS a placé ses hommes ouvertement à la tête de plusieurs états et dans les coulisses des autres. Les agences de notation précipitent l’abolition de la démocratie, et l’avènement de la financratie. Et s’ils opèrent maintenant à visage découvert, c’est bien parce qu’ils ont corrompu tous les systèmes politiques européens (à l’exception d’un petit ilot de résistance) et peuvent s’en donner à cœur joie. Ils ont ouvert la boite de Pandore et n’hésiterons pas à étouffer ce qui reste de pseudo-démocratie avec le bras armé qui en est sorti. Pour les contrer, ne comptons pas sur les partis traditionnels, il va falloir lutter de manière un peu plus musclée !
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