Publié le 16 septembre 2010

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Ce 23 Septembre 2010 s’annonçait comme un réel succès : à l’appel des syndicats, le peuple tout entier s’était retrouvé dans les rues, créant d’innombrables TAZ au détour des 258 défilés programmés dans les rues des villes de France.

Les révélations à répétition qui avaient émaillé la lourde torpeur des jours d’été avaient fini par réveiller un sursaut de conscience politique chez les citoyens. Plutôt que de baisser les bras et de les prononcer « tous pourris », c’est dans la rue qu’ils avaient décidé de porter leur colère, leur révolte face à ce sentiment d’injustice qui les étreignaient à chaque nouvel effet d’annonce : expulsion des Roms, stigmatisation des musulmans, petites connivences entre amis, autisme en lieu  et place de concertation, langue de bois érigée en dogme,  la liste est trop longue pour que l’on puisse citer toutes les ignominies, toutes les bassesses dont le pouvoir en place se rendit coupable cet été-là. Il faut dire que le basculement du quotidien vespéral des marchés dans le camp des gôôôchisses, métamorphosé pour l’occasion en pourfendeur de la pieuvre mafieuse gouvernementale,  en chantre de la lutte contre la bureaucratie espionne étatique, et, collatéralement, en allié bien improbable du pure player trotsko-fasciste (les ennemis de mes ennemis…), ne fut pas étranger à ce retournement spectaculaire du sentiment de défaitisme et de renoncement des socio-démocrates de tous poils. TINA ne passerait pas ! En tout cas, pas par nous !

A 16h32, alors que la manifestation parisienne battait son plein et que, festivement, un mannequin à l’effigie de l’aWoerthon était pendu haut et court (oui, c’est un peu barbare, mais panem et circenses obligent ! Et cela reste de l’ordre du symbolique !) sur la Place de la Bastille, une explosion couvrit le vacarme des vuvuzelas et autres sonos syndicalistes et citoyennes hurlantes. La foule, terrorisée, se précipita en tous sens, et le mouvement de panique qui s’ensuivit provoqua la mort d’une dizaine de personnes, piétinées. Les organisateurs, services d’ordres des syndicats, tentèrent bien de maintenir un semblant de calme, et de canaliser le troupeau apeuré, mais ils furent très rapidement dépassés :  nombre des personnes présentes participaient pour la première fois à une manifestation et cherchaient une autorité rassurante, une direction, quelqu’un qui prenne les commandes et leur dise quoi faire. C’était compter sans les forces de l’ordre qui plongèrent au cœur du chaos, à coup de matraques et de taser, sans discrimination aucune pour une fois. Ils parvinrent au véhicule carbonisé, écartant d’un coup de pied qui, un bout de bras, qui un torse déchiqueté. Bordel, Squarcini avait prévenu pourtant ! Pourquoi cette manifestation n’avait-elle pas été purement et simplement interdite ? Trop dangereux ces rassemblements publics ! Une cible tellement facile pour une attaque des islamo-romo-gôchisso-terroristes au fromage de chèvre !

Dans les jours qui suivirent, des preuves formelles de l’implication de Roms et d’associations anti-racistes cherchant à se faire passer pour des groupes d’extrême-droite (à moins que ce ne soit le contraire) furent découvertes et révélés en Une du Figaro*. Les expulsions redoublèrent, et cette fois-ci, pas une instance européenne ou internationale n’osa s’y opposer : après tout, ce sont les français qui étaient les victimes, non ? et les victimes ont le droit légitime de se venger (ah non, pardon, ça c’est la loi du Talion et il parait qu’on a évolué depuis ce temps-là) protéger de possibles attaques ultérieures, au besoin en éloignant physiquement et sous la contrainte leurs auteurs potentiels.

« Il faut protéger nos concitoyens », tonna le président Sarkozy lors d’une allocution solennelle au 20h de TF1, «et je prendrai toutes les mesures qui s’imposent afin que cette protection soit sans faille ! ».

Il va sans dire que toute manifestation sur la voie publique fut proscrite car pouvant être la cible d’autres attaques terroristes ! Dans la foulée, les blogs furent interdits, de même que l’utilisation de réseaux sociaux puisqu’ils avaient servis à l’élaboration du funeste attentat de la Bastille, comme le démontra la DCRI.

Les journalistes, préoccupés avant tout par la couverture de l’attentat et le portrait de ses victimes, ne prirent pas la peine de suivre les affaires parlementaires. Ainsi, la réforme des retraites fut promulguée sans autre forme de procès, dans l’indifférence générale. De même que la loi Sécurité et Expression qui rétablit la censure. Le remaniement gouvernemental eut quand même lieu et Marine Le Pen fut nommée Premier Ministre.

Mais non ! Respirez ! Ceci est une fiction ! Dans la vraie vie, JAMAIS un gouvernement n’ira aussi loin pour faire passer des réformes liberticides et injustes ! L’agit-prop,  c’est un vieux fantasme soixantehuitard, ça n’existe pas en vrai !

Pour un peu, vous me soutiendriez qu’un gouvernement serait capable de provoquer une guerre pour détourner l’attention ! N’importe quoi, vraiment… N’est-ce pas ?

* C’est tiré par les cheveux ? pas plus que le sabotage de lignes TGV par des néo-baba pourtant !

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